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Où acheter une bonne bière à Montréal ?

par Sébastien Chion Email

Pour beaucoup, le mondial de la bière est un endroit idéal pour découvrir de nouvelles bières… après y être passé, j’avoue ne pas être tout à fait de cet avis… Peut être faut-il y aller un jeudi après midi à 14h, pour être tranquille, avoir le temps de parler avec les brasseurs et choisir ce que l’on veut découvrir… Mais sinon… Il y a un monde fou ; on joue au coude à coude pour se frayer un chemin au kiosque suivant, plein de bruits… Bref, pour moi, ce ne sont pas les conditions idéales pour apprécier une bière, et ce sans compter les tarifs (minimum 2$ pour goûter). Mais vous me direz sûrement qu’au moins on y trouve une grande variété de bière… Certes… Mais pour une personne connaissant Montréal, il y a d’autres adresses. Vous vous en doutez, j’en ai quelques unes en poche, dont trois que je vous conseille fortement, dépendant de où vous vous trouvez :

- au marché Jean Talon, le marché des saveurs : une adresse assez connue, où vous trouverez pas mal de bières de micro-brasseries québécoises. Je dirais une vingtaine de bières différentes, avec un léger roulement dépendant de leurs approvisionnements ; un choix assez intéressant donc.

- un autre marché, Atwater cette fois, et la Fromagerie du Marché. Comme son nom l’indique, on y trouve des fromages (très bons choix en passant) mais aussi une assez belle sélection de bières québécoises. En terme de choix, c’est à peu prêt la même échelle que le marché des saveurs. Des choix intéressants, un léger roulement, une autre bonne adresse donc.

- évidemment, on garde le meilleur pour la fin : en plein coeur de Verdun (et oui, on n’a pas fini de vous parler de ce quartier des plus intéressants), se cache un paradis pour les amateurs de bières. Le métro Joannette (oui oui, métro comme “épicerie métro”) présente le plus beau rayon de bières que je n’ai jamais vu à Montréal. Une vingtaine de micro-brasseries (toutes québécoises) y sont représentées, pour une centaine de bières différentes, avec un roulement qui fait que jamais vous ne vous ennuierez. Pour avoir habité juste à côté pendant deux ans et demi, je sais très bien de quoi je parle. Bref, si vous voulez vraiment tout connaître des bières québécoises, c’est LA place où aller. Descendre au métro De l’Église ; c’est au 349 de l’Église (une rue au nord de Wellington).

le Cha Noir

par Brigitte Poulin-Bergeron

Sébastien m’a fait découvrir un coin de la ville qui ne me disait rien à priori, et qui m’a enchantée: Verdun. Aussi étonnant que ça puisse paraître, ce coin un peu perdu de Montréal m’a ravie, avec son décor des années 70, ses habitants résolument Québécois et ses balcons décorés de manière saugrenue. Mais la promenade Wellington se développe, et entre les dolloramas et les pharmacies poussent et fleurissent de petits restaurants résolument dynamiques.

Mon coup de coeur: le Cha Noir, une maison de thé fort sympathique dont la carte est moins chère que les salons du centre-ville, mais aussi bien garnie. En plus du thé, ils offrent plusieurs produits artisanaux et accessoires pour le thé, tous fabriqués au Québec. Mais surtout, trouvaille par excellence, ils servent du chocolathé; un mélange de chocolat noir fondu et de thé très aromatisé; délicieux et sans fin: la théière est pleine et ce n’est pas vraiment plus dispendieux qu’un thé régulier.

L’établissement accueille des ateliers d’écriture, offre ses murs aux artistes et affiche clairement une politique environnementale stricte et avant-gardiste. Métro de l’Église, rue Wellignton. Faites-vous plaisir.

http://www.cha-noir.com/index_FR.htm

le Dieu du Ciel : meilleure brasserie québécoise ?

par Sébastien Chion Email

Avant de partir faire le tour des pubs Irlandais, je vous avais promis un survol de toutes les places montréalaises où trouver des bières de micro-brasseries. Il est temps, donc, que je m’atèle de nouveau à la tâche, en revenant là où tout a commencé… C’est en effet au Dieu du Ciel, il y a environ 5 ans de cela, que j’ai eut le premier aperçu du merveilleux potentiel des bières québécoises. À l’époque, j’avais une nette préférence pour les noires avec, comme référence évidente, la Guinness (même si depuis, le Québec m’a appris à apprécier les bières rousses-ambrées-dorées qui, selon moi, sont les bières les mieux brassées ici). Coup de coeur à l’époque pour une stout, la Déesse Nocturne, et sa douce amertume rappelant délicatement la Guinness, avec une longueur en bouche un peu plus prononcée toutefois…

Il aura fallu cinq ans et une soirée conte pathétique chez un brasseur voisin pour que je retourne au Dieu du Ciel avec ma belle compagne. Mais ce soir là, la Déesse nocturne n’est pas à l’affiche (heureusement, elle existe encore ; simple rupture de stock probablement)… L’ambiance n’a pas changé : une salle pleine de jeunes de 25-30 ans, un niveau sonore assez élevé, atmosphère agréable, joyeuse, festive. La clientèle semble être composée en grande partie d’habitués, qui se connaissent et se reconnaissent. J’aime bien le lieu, personnellement, même si c’est un peu dense…

Il y a quinze noms sur la carte des bières. Ma douce prendra une « Mea Culpa ». Pour moi, ça sera la « Grande Noirceur » ; une stout impériale à 9°. Je commande une pinte, mais le serveur me dit que celle là, ils ne la servent qu’en verre. Je suis surpris, un peu, mais n’ai guère le choix de toute façon… Pour moi, contrairement au vin qui se déguste lentement, une bière doit toujours se découvrir avec quelques grandes gorgées ; mais dès la deuxième, mon palais est saturé de merveilleuses sensations… La Grande Noirceur est une bière très licoreuse, très épaisse, caramélisée et très consistante. Que du bonheur ! Une autre agréable surprise : la qualité de la mousse ; très souvent délaissée par les brasseurs, la mousse fait pourtant partie intégrante de la personnalité d’une bière (et c’est l’une des grandes qualités des bières irlandaises) ; celle de la Grande Noirceur est épaisse, agréable, très légèrement sucrée. Je comprends vite, par contre, pourquoi il ne la serve qu’en verre… Outre le degré d’alcool élevé, c’est une bière tellement épaisse que, malheureusement, on s’en trouve vite saturé, et à la fin du verre, même si c’est une des meilleures bières qu’il m’ait été donné de goûter, j’en ai eu assez.

J’ai également volé quelques gorgées dans le verre de ma voisine ; là encore, une bière avec une personnalité bien à elle, une originalité sans pareil. Et puis, oh ! bonheur, depuis quelques temps, le Dieu du Ciel vend également ses bières en bouteille, ce qui m’a permis de tester aussi la Dernière Volonté… Jamais de déception quand à la qualité des bières du Dieu du Ciel… Bref, pour moi la meilleure brasserie Québécoise !

Le Dieu du Ciel, 29 Laurier Est (coin Clark, une rue à l’ouest de St Laurent).
Pour ceux que ça intéresse, également présent au mondial de la bière (dont je vous parle très bientôt, c’est promis).

Zagrum

par Sébastien Chion Email

Il y a de cela pas mal d’années maintenant, je découvrais le Québec, et nombre de ses habitudes. Parmi celles-ci, une me plu beaucoup : le brunch. N’ayant pas l’habitude de petit-déjeuner, l’idée de prendre son temps pour commencer la journée, pour finalement faire un bon gros déjeuner vers 11h à tout pour me plaire. Pourtant, la chose m’est complètement sorti de l’esprit… elle n’y est revenue que très récemment. Un dimanche matin, après un réveil tranquille, et la réalisation classique à l’heure du petit déjeuner avec ma douce moitié de voir qu’il n’y a rien de convenable pour cette heure de la journée… Cette fois là, nous avons été dans une grande chaîne, celle qui se présente comme la préférée des québécois, et pour qui, donc, il n’est pas nécessaire de faire de la pub. Mais la chose était claire : il fallait rajouter dans la liste de nos explorations les lieux où il fait bon brunché à Montréal.

La promenade Fleury fait parti (tout comme la promenade Masson et la promenade Wellington) des lieux facilement ignorés, et c’est une erreur. Il s’y cache en effet un certains nombre de petits trésors (que nous déterrerons pour vous, évidemment). Comme le Zagrum (coin Fleury Papineau). Un restaurant qui offre à la fois un menu petit déjeuner et un menu dîner. La décoration est très belle (des paravents faits de grandes lames de bois découpent la pièce, et décorent également le plafond, tandis que des lames de verre poli signalent la cuisine, si bien que -l’espace d’un instant- on pourrait presque se croire à la grande bibliothèque). Quand on entre, on est immédiatement accueilli par un petit présentoir, avec le choix de desserts, qui donne envie de passer directement à la fin du repas.

Le menu est vraiment intéressant. On y trouve de très belles associations gustatives, et des idées originales (la crêpe roulée et coupée comme des sushis par exemple). Au final, on mange très bien, en prenant son temps. On peut rester à table un long moment, et le lieux devient alors un espace très agréable où discuter en tête à tête. Et quand vient le moment de payer la note, on reste dans des prix raisonnables (compter 10-15 $ par personnes). Le menu est suffisamment original et la nourriture suffisamment bonne pour donner le goût d’y retourner, tester ce que l’on n’a pas pu prendre la première fois…

Ouvert de 7h à 15h.

Le Zagrum, 1825 Fleury Est, (514) 387-6788

Et puis après le repas, pourquoi ne pas en profiter justement pour découvrir les promenades Fleury ?

Altitude 737

par Sébastien Chion Email

Difficile, quand on s’est retrouvé au moins une fois dans les rues du centre-ville, le soir, de ne pas avoir remarqué les quatre faisceaux lumineux qui traversent le ciel de Montréal. Après tout, ils intriguent et ils sont là pour ça.

C’est complètement par hasard que j’ai appris qu’ils avaient un but précis. Attirer l’oeil sur le « Altitude 737 ». Et c’est quoi exactement ? En fait, il s’agit des trois derniers étages de l’édifice, qui sont en réalité une boîte de nuit (avec terrasse extérieure ouverte quand le temps le permet, oui oui, tout le sommet de la grande croix), un lounge, et un restaurant… j’ai du attendre longtemps avant de pouvoir le tester… mais c’est désormais chose faite !

Les lieux sont magnifiques. La décoration est agréable et sait rester simple. On entre dans l’ambiance feutrée d’un restaurant de luxe. Mais soyez assurés que la décoration intérieure ne vous distraira pas longtemps. Manger, à 180 m du sol, quand votre table est collée contre la fenêtre et que Montréal s’étale à vos pieds, est une expérience à vivre ! Mais on pourrait craindre de ce genre d’endroit qu’il mise sur le cadre exceptionnel, négligeant la partie gastronomique des lieux. Après tout, les gens viennent d’abord pour la vue…

La carte est typiquement « à la française » ; autant pour son contenu que par les noms qui sont donnés aux plats. Des noms qui impressionnent mais qui, parfois, laissent dans l’expectative. Il y a une table d’hôte sur le thème « boeuf et chocolat », deux menus, et un choix à la carte. Le potage aux légumes (velouté conviendrait peut être mieux) servi en entrée laissait présager un bonheur total jusqu’à la fin du repas. La suite a confirmé… je ne me souviens pas exactement du nom de ce que j’ai mangé après. Il était question de boeuf, de confit, de caramélisé, et de chocolat… boeuf demandé saignant, boeuf servi exactement comme il fallait : cru mais chaud à coeur, et pourtant grillé en surface. Avec une viande de premier choix, qui fond dans la bouche. Comme pour la soupe, les arômes sont subtils et se marient les uns aux autres avec beaucoup de finesse, pour la plus grande joie des papilles gustatives. Les légumes qui accompagnent la viande ne sont pas non plus oubliés, et l’assiette finie vide. Le ventre, lui, est plein, les portions étant tout à fait correctes.

Un seul petit hic : dans ce genre d’endroits, il est important de se rappeler que tout est préparé sur demande, et le service est donc un peu long. Ce n’est pas grave : on discute, on prend son temps, on profite de la vue. Mais il ne faut pas avoir un rendez-vous important après, sinon on ne consacre pas au dessert le temps qu’il aurait mérité…

Allez, un autre petit point négatif : à 40$ par personne (sans les boissons), ce n’est malheureusement pas le genre d’endroit où on peut aller trop souvent. Mais bon… ce n’est pas juste un restaurant, peut être faudrait il également tester la partie bar-lounge…

Altitude 737 - dernière étage de l’Édifice 1 place Ville Marie.

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